Lardux Films
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Faire le tour du monde à l’endroit où je suis avec le cinéma comme moyen de locomotion

2010 , long métrage , documentaire

93 minutes, Couleur, Vidéo Numérique 4/3, Stéréo, Visa n° 123 389 du 26/08/2010

un film de Pier Emanuel PETIT (PEP)

LE FILM

Un film documentaire comme on en voit peu, un style, une recherche menée pendant presque 2 ans à Montreuil. Le film portait le titre MONTREUIL, CAPITALE DE PARIS, il s’appelle désormais KAPITAL.


Appréciez cette savante mixture de réels, cadrés et décadrés, liés par un regard.

Ecoutez ces paroles animées, choisies, données par des personnages aussi réels que possible et qui portent poésie, flamme et grâce.

Regardez l’ordonnancement des lumières et des cadres, de ces petits bouts de vie qui s’y inscrivent et de ce que ça suggère d’indicible.
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Kapital n’est ni hagiographique ni exhaustif.


C’est un film fait de lieux et de gens, de vides et de pleins,
de visions, de vues et d’imprévisibles.
Le dossier de presse est disponible avec le synopsis, un entretien avec le réalisateur, des textes et des photos du film


PDF - 7.3 Mo
Dossier de presse
Synopsis
Entretien avec le réalisateur
Textes

MONTRER MONTREUIL, CAPITALE DE PARIS


Cette proclamation est une constatation.
De fait, PARIS est vidée de ses derniers habitants, de sa population traditionnelle faite d’ouvriers, d’employés, d’artisans, d’artistes, de bonnes …
venus de toutes les provinces, de tous les pays, fuyant famines et persécutions ou cherchant tout simplement du travail.
Algérie, Alsace, Antilles, Auvergne, Belgique, Bretagne, Cameroun, Chine, Corse, Espagne, Italie, Pologne, Portugal, Yougoslavie … liste non exhaustive comme chacun sait …

PARIS est aujourd’hui concentré sur un projet en marche de ville musée, de resort park culturel, de station balnéaire sans littoral.

L’accélération de la fin du monde ancien (industriel, artisanal, populaire), la flambée prohibitive de l’immobilier locatif chassent la population vivante hors la ville. Elle doit maintenant s’arranger hors périphérie et même hors agglomération, se démerder chacun pour soi comme l’y soumet la réalité néo libérale, propriétaire exclusif de la raison comme des fins première et dernière.

PARIS continue à se proclamer centre alors qu’il se vide de sa substance, de sa texture, de son humour.
Le centre est un concept, une outrecuidance.
Les idées, elles, sont en périphérie, là où sont les gens.
Il y a peu, Montmartre, les 19ème et 20ème arrondissements étaient des faubourgs, comme la Bastille jusqu’à MONTREUIL.

Aujourd’hui PARIS est enceint d’une boucle dont MONTREUIL est l’insigne multicolore.
PARIS jacte fort mais ne dit presque plus rien.
MONTREUIL cause. Et parle toutes les langues.
Si les mots éloignent, les sons rapprochent.
Le verbe n’a pas besoin d’épithète.

La libération de PARIS a commencé Mairie de MONTREUIL le 18 août 1944.

QUEL FILM ?

Si un film traite d’urbanisme, c’est par l’urbanisation et l’urbanité.

Pour ce qui est de Montreuil, nous avons affaire à une ville étendue, biscornue, disparate.

Nous travaillerons sur le sensible, sur les traces, sur les signes ; nous ne travaillons pas sur les intentions, ou alors dans un sens où les intentions frottées au réel prodigieux, ne produisent jamais rien sous leurs formes annoncées.

LIEUX COMMUNS

Les lieux communs ce sont les lieux, les bâtisses, les murs, les cours, les toits, remplacés, transformés, réhabilités, tels quels... habités, désertés, réinvestis...
... lieux de vies, lieux de travail, lieux communs et particuliers, espaces normés, endroits singuliers...

Les endroits traversés aujourd’hui sont, en retour, traversés par les expériences passées, toujours visibles pour peu qu’on s’y attarde.

MARABOUT D’FICELLE


Les lieux sont le fil conducteur,
Un fil qu’on tire comme un jeu d’enfant,
Une fantasia raisonnée,
Production de croisements,
De collisions, de superpositions...

QUELLES HISTOIRES ?


Les lieux ouvrent sur des perspectives-mouvements où se superposent, se tissent, se mélangent des épisodes héroïques de l’histoire de Montreuil toujours collée à l’Histoire (surtout des mouvements sociaux et de résistances) avec des incursions, aujourd’hui, dans des familles habitantes de cette commune, depuis des générations ou depuis peu, qui nous raconterons leurs histoires et que nous transmettrons à notre manière, vigilante et aléatoire.

Quelle histoire ¿ L’agriculture et l’immigration bourguignonne, la révolution industrielle, la commune, le cinématographe, la guerre d’Espagne, la Résistance, la tradition communiste, révolutionnaire, syndicale, les premiers immigrés, les couches successives, de la Belgique au Maghreb, de la Pologne aux Roms...

Quelles histoires ¡ Celles d’italiens, de républicains espagnols, de commerçants marocains, d’une tribu de manouches importante et respectée, des algériens venus travailler dans l’industrie automobile dans les années 60, leurs enfants français, des cafetiers kabyles, les changements de décors et de classes, des syndicalistes à l’ancienne, des célibataires qui vivent en foyer, des mères seules, des familles maliennes, portugaises, ex-yougouslaves... et aussi des peintres squatters, et quelques specimens de la population hédoniste, nouvellement immigrée, composée d’architectes et d’intermittents du spectacle...

Si ma démarche est à l’opposé d’un rapport esthétique (esthétisant) au monde, je suis résolument tourné vers le beau, l’ordinaire, le banal, le difficile.

LES LIEUX, LES GENS


un homme ressemble plus à son époque qu’à son père (proverbe)
Ce que j’entends par Décor, c’est un ensemble de signes et de marques propres à une période : dépendances techniques ou technologiques, croyances, rapports de force, rapport à l’espace, à la vitesse, au plaisir, conceptions de la richesse, épreuves de la réalité, modification de l’alimentation ; dans l’habitat, façades et intérieurs, propriétés et pauvretés, et plus généralement coutumes, habitudes, modèles, identité, habillement, représentations...

Les quartiers : Le bas montreuil, la Croix de Chavaux, la Mairie, les ramenas, la Boissière, La Noue, Nouvelle France, Mozinor (zone industrielle verticale ¡)...

D’autres endroits liés à Montreuil comme le Chateau de Vincennes, les Halles (le ventre de Paris), le Faubourg St Antoine, des colonies de vacances...

Des personnages : Je ne ferai l’éloge appuyé d’aucun grand homme car je m’intéresse aux vulgaires héros de l’ordinaire, aux petites gens. Toutefois des personnages fameux viendront peut être troubler notre déambulation : L’architecte Pierre de Montreuil, l’arboriculteur Nicolas Pépin, le cinéaste inventeur Georges Mélies, son prédecesseur malheureux Emile Reynaud, le capitaine Henry, Daniel Renoult, Jacques Duclos, Django Reinhardt, Roger Bambuck...

Des actions prodigieuses : L’université ouvrière, les Castors, des coopératives ...

Des industries : le jouet, le cuir, le bois, la métallurgie légère, les industries chimiques (insalubres) et alimentaires, électriques et électroniques...

En toutes choses il sera question de produire des collisions, des superpositions, des croisements, entre lieux et gens, entre passé et présent.

En partant des constructions récentes et en cours, en lisière du périphérique, occupées par des cols blancs en jean, exploration d’un site appelé, il y a encore, peu, la zone, refuge des classes dangereuses, dont les habitants étaient des apaches, avec ces restes de terrains vagues et d’espaces indéfinis, proche des puces.

Quant aux zones sensibles, nous verrons des ensembles qui n’ont rien de maudits et nous verrons que la pauvreté n’est pas une injure mais une condition.

Pier Emanuel PETIT

DVD

Commandez nous le DVD !!! Le film existe en version originale française et sous titrée anglais. Pour toute programmation contactez Lardux Films au 01 48 59 41 88.