Lardux Films
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« Les enfants, si vous n’aimez pas les ogres belges, les ogres belges vous adorent quelle que soit la recette… Ne leur faites pas de chagrin, courrez-vite à la Saint-Festin ! » Daniel PENNAC

Meilleur film d’animation à Clermont-Ferrand 2008

2007 , Court Métrage , animation

15 minutes, DCP 24 i/s et 35mm Couleur, Format 1:66, Dolby SR,

un film de Anne laure DAFFIS & Léo MARCHAND

Une coproduction Lardux Films et Ré-Visions avec le soutien du CNC Contribution Financière, de la Région Poitou Charentes, du Département du Val de Marne, de la Maison du Film Court et de la Sacem. Visa n°112923 du 9/05/07

LE FILM

Après On a beau être bête, on a faim quand même, et avant Les Cowboys n’ont pas peur de mourir, Annelaure & Léo ont fait naitre un personnage d’ogre extraordinaire, bourru et misanthrope, interprété avec brio par François MOREL qui s’est régalé en interprétant toutes les voix du film. Récompensé à Clermont Ferrand, ce film désormais « classique », a effectué une belle carrière en festivals et en TV. Annelaure & Léo ont continué et réalisé en 2013 un film dingue : La Vie sans Truc.

Hourahhh ! Demain c’est le 40 novembre ! C’est la Saint - Festin,
la grande fête des ogres, alors si vous n’avez pas encore attrapé
d’enfant dépêchez-vous et bonne chasse !!!

Extrait de la note d’intention des réalisateurs

Un ogre qui n’a plus qu’une seule dent, c’est comme une fée sans baguette, une sorcière sans balai, un jour sans vin (c’est mon grand oncle qui disait ça).
Mais, force est de constater qu’il n’avait pas vraiment tort et que, dans l’impossibilité de satisfaire ses plus doux plaisirs, la vie est amère (ça, c’est ma grand-mère qui le dit).
Dans le précédent court métrage d’animation, que nous avons réalisé en 2001 et qui s’intitule On a beau être bête, on a faim quand même, ces ingrédients étaient déjà là. Il s’agissait déjà de nourriture, de frustration et d’insatisfaction, de recherche du plaisir et d’amour « à mort » puisque les deux personnages affamés et perclus d’amour l’un pour l’autre, finissaient par se manger.
Avec un ogre, je reste donc dans le domaine du cannibalisme. Et, finalement, cette histoire se résout aussi par l’amour, si ce n’est que son déroulement est strictement l’inverse du précédent :
deux amoureux finissaient par se manger (On a beau être bête, on a faim quand même).
un ogre qui mangeait les enfants finit par tomber amoureux (La Saint-Festin).


Non, les ogres ne vivent pas que dans des châteaux au fin fond de la forêt. La preuve, cet ogre-là vit dans un appartement comme vous et moi, on peut le croiser dans le métro ou au supermarché, ou pire : dans la rue, la veille de la Saint-Festin.
La Saint-Festin ? Bien sûr qu’elle existe puisqu’on en parle même à la radio.
Le vrai, l’inventé, le rêvé, tout se mélange.
Dans les dessins aussi. Parfois, il y a juste le trait simplissime du crayon, puis un « collage réaliste » tiré d’une gravure ou d’une photographie, souvent aussi le mélange des deux.
Les motifs se répètent et se confondent pour marquer un lieu ou une appartenance. Par exemple les carreaux vichy bleus servent à la fois pour le mouchoir, la couette, la nappe de l’ogre.
Les couleurs sont utilisées pour montrer ce qui est important. Le rouge de la robe de flamenco ce n’est pas seulement la couleur de la robe c’est aussi l’éblouissement et la confusion des sentiments.
Les décors sont réduits à l’essentiel, c’est à dire que tout sert au déroulement de l’histoire. Ils sont là uniquement pour mettre en scène un événement, situer l’action. (Le métro, c’est trois affiches, un wagon et un début de tunnel. Le dentiste : une lumière éblouissante, un fauteuil, un tabouret. Quelquefois même, ils sont réduits à de simples objets : un tapis, des bottes.
Si les décors rattachent l’histoire au réel (supermarché, métro), ils ne le sont pas pour autant et sont eux aussi des mélanges de plusieurs sources graphiques : gravures (bol, lampe …), photographies (pièce de 1 euro), tissus (nappe, torchon)...

Annelaure & léo

Une intervention de Léo a Paris Cinéma :
« On a pensé à François Morel [le fromager des Deschiens] pour faire les voix, toutes les voix, y compris celle de la femme. En fait, ce n’est pas si difficile que ça d’entrer en contact avec les acteurs, il a juste dit oui ! Le texte était écrit de façon très précise, mais François se l’est approprié, il s’est bien lâché ! Il a fallu 5 heures pour enregistrer les voix [le film dure 16 minutes]. »
« Le film a coûté 60 000 euros. Le CNC l’a tout d’abord refusé (deux fois !) parce qu’il ne trouvait pas le scénario très attrayant. 60 000 euros c’est beaucoup et peu à la fois, le film nous a pris beaucoup de temps, le transfert sur support 35 mm est assez coûteux, il a fallu louer le studio son pour le mixage... les ASSEDIC ne sont pas au générique, mais c’est en grande partie aussi leur film ! »
« Les décors sont divers, ce sont des scans de magazines, des captures d’écran prises sur internet. C’est ça notre principe : voler aux autres pour fabriquer notre propre film ! A la base, La Saint-Festin est un film de commande, il devait faire partie d’une série sur les ogres, mais je crois que le producteur a abandonné l’idée... »

On trouve un formidable dossier pédagogique sur ce film rédigé par Donald James de l’Agence du court métrage, pour le ministère des affaires étrangères, içi.
J’en extrait ceci : « (...) ...Le traitement de cette animation peut étonner. Les personnages sont représentés en noir et blanc avec des traits grossiers. À ce trait artisanal « un peu vieillot », brouillon, que l’on pourrait rapprocher de la technique du papier découpé s’ajoutent souvent en arrière plan, parfois au devant de la scène, des incrustations de photographies, de collages ou d’images filmées. Cette grande liberté dans la mise en image se retrouve dans l’utilisation des couleurs, du noir et blanc. Ce feu d’artifice visuel modeste et virtuose déborde sur le plan narratif renversant à loisir les codes du genre. (...) »

Anne laure & Léo animent des ateliers d’initiation à l’animation, pour petits et grands, allez sur les site de LES ATELIERS pour plus d’informations.

A découvrir absolument tous les films de Anne Laure & Léo :
ON A BEAU ETRE BETE, ON A FAIM QUAND MEME en 1999, puis LA SAINT FESTIN en 2007
LES COWBOYS N’ONT PAS PEUR DE MOURIR en 2009
LA VIE SANS TRUC en 2013