Lardux Films
 /  /  /  /  / Multimédia  / Films de Commande  /  /  /  /  /  /

Pierre Souriante

2014 , Court Métrage , documentaire

33mn, Version Originale Française et Sous titrée Anglais, DCP 25 fps

un film de Pier Emanuel PETIT (PEP)

en coproduction avec TVMontreuil - Cineplume, avec le soutien du CNC et de l’ACSE

Vous pouvez voir le film entier en VOD sur vimeo

LE FILM

Après KAPITAL Pep, toujours aussi près de sa devise « Faire le tour du monde à l’endroit où je suis avec le cinéma comme moyen de locomotion »

Le film est une tentative de toucher à une certaine grâce. Grâce de Madame Lee. Elégance des plans de Pep. C’ est un chercheur, avec une grande attention aux petits mouvements des plans, du cadre, des personnages, de leurs paroles et de leurs gestes, pris comme une musique visuelle. Cette grâce de ces moments, ces détails, cette synchronicité qui provoque des sensations étonnantes, et nous demande de prendre le temps de voir.

En Décembre 2013, le film à été diffusé par TV Montreuil grâce a qui le film a pu se faire.

A Montreuil, en lisière d’une petite cité ordinaire, brille une échoppe coréenne, un petit resto animé par une femme combattante et attentive : Madame Lee.
« Je suis sociologue et j’ai choisi d’être cuisinière »
C’est un voyage inattendu, ordinaire et fabuleux, dans un lointain ici où se mêlent traditions et questionnements, féminité et féminisme, cuisines et cultures.

PRESENTATION

Rue Gaston Lauriau, à Montreuil, pas très loin de la mairie, subsiste un quartier moderne et délabré composé principalement de hlm des années 60 et 70, maintenant vétustes, couvertes de paraboles.

En bas de l’une d’elles, une échoppe coréenne propose de la nourriture diététique. C’est un restaurant sans carte, un lieu de paix dont la lumière s’appelle Madame Lee. Elle en est l’âme, la propriétaire et l’unique ouvrière.

Le prénom de Madame Lee est Yang. Yang est le principe solaire et masculin du tao. Madame Lee est femme, mère et féministe.

Madame Lee dit « je suis sociologue et j’ai choisi d’être cuisinière »

Madame Lee est arrivée à Paris en 1998, à l’âge de 30 ans. Elle était doctorante en sociologie et enseignait au lycée depuis deux ans. Madame Lee, en Corée, était une militante féministe très active. Elle a fui son pays.
Madame Lee a fui le conformisme, la lecture orientée des traditions et les demandes en mariage de plus en plus pressantes et oppressantes.

Madame Lee dit « dans mon pays, comme dans beaucoup d’autres, la cuisine c’est toujours la punition des femmes. Ça je veux changer. »

Madame Lee veut expulser de la tradition le poison : c’est à dire le respect aveugle de l’ordre établi, le sexisme et le capitalisme. Madame Lee veut extraire de la tradition l’essentiel : c’est-à-dire les secrets de longévité et de santé portés par les anciens.

Madame Lee dit « je veux marcher sur les pistes de ma grand’mère »

Madame Lee veut perpétuer la connaissance des anciens dans la prévention des maladies par l’alimentation. Dans la tradition chinoise, un médecin veille à ce que son patient ne tombe pas malade. Avoir à le guérir prouve qu’il l’a mal soigné. Il faut tenter d’être son propre médecin avec l’aide des cuisiniers. A ces savoirs, Madame Lee veut ajouter des saveurs, des innovations, opérer des fusions gustatives, culturelles.

Madame Lee voudrait retrouver la justesse, la grâce et la précision des gestes de sa grand ’mère.

Madame Lee dit « De plus en plus ma cuisine va devenir médicinale »

L’endroit est composé de quelques chaises, de quelques tables dissemblables, de tableaux de Monsieur Lee et de bocaux. A midi, la salle est souvent pleine. L’envers (la cuisine) est vaste ; c’est une sorte de salle des machines pleine d’ustensiles. Madame Lee fait la cuisine seule et sert seule, passant d’une pièce à l’autre. Ceci implique un rythme, ceci génère un tempo, un monde propres à cet endroit.

Madame Lee a un visage d’héroïne de la révolution chinoise et la silhouette d’une femme mystérieuse comme chez Wong Kar-Wai.

Madame Lee dit « je ne suis pas académique ; je suis libre. Mon mari, lui, est académique. Il est reconnu. »

C’est à Paris que Madame Lee a rencontré Monsieur Lee, peintre coréen bouddhique reconnu et président de l’association culturelle France-Corée. Ils ont aujourd’hui 2 garçons de 3 et 10 ans et la famille vit à Montreuil, pas très loin du restaurant que tient Madame Lee.

Madame Lee dit « la calligraphie, pour nous, c’est comme Rome et la Grèce pour vous. C’est les origines. »

Madame Lee pratique quotidiennement la calligraphie.

Madame Lee dit : « Louise Michel, c’est mon nom français »

La mère de madame Lee vit en Corée. Toutes les deux entretiennent des relations de respect et de bienveillance à distance.
En France, Madame Lee a une mère d’élection, une mère qu’elle s’est choisie. Il s’agit de la chercheuse, essayiste, féministe célèbre, ANDREE MICHEL, née en 1920 et auteure de nombreux ouvrages de références notamment du QUE SAIS-JE ? sur le féminisme, maintes fois traduit et réédité. Madame Lee et Andrée Michel sont voisines. Madame Lee lui rend visite tous les dimanches.

Pier Emanuel Petit