Lardux Films
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2016 , long métrage , documentaire

82 mn, DCP 25 ips, HDCam

un film de Laurent CIBIEN

un film documentaire de 82mn, montage Claude Clorennec, Musique Originale Damien Lefevre, en coproduction avec TV Montreuil, soutenu par le CNC COSIP et la Région Haute Normandie, produit par Barbara Levendangeur et Christian Pfohl.

Le film-annonce ci dessous, et pour voir le film entier en VOD c’est ici : https://vimeo.com/ondemand/edouardmonpotededroite

LE FILM

Après avoir co-réalisé avec Isabelle Berteletti le magnifique MONSIEUR M, 1968, Laurent s’est jeté pour longtemps dans un projet-fleuve avec à la production Barbara Levendangeur et Christian Pfohl... suivre la carrière politique de son ami Edouard, durant plusieurs années et plusieurs films. Celui ci est donc le premier d’une série de documentaires basés sur ce principe : un pote de gauche filme un pote de droite !

Les personnages ? Deux vieux copains de Hypokhâgne : l’un gauchiste devenu réalisateur de films, l’autre, de droite, devenu maire du Havre, lieutenant de Alain Juppé... Le temps : la campagne des municipales en 2014. Le sujet : la fascination du pouvoir, l’exercice du pouvoir, et accessoirement la victoire aux élections. En fait ce n’est pas un film d’élection, c’est un film sur le pouvoir.

Pour sa première sélection en Festival à VISIONS DU REEL de Nyons en Avril 2016, un mot du programmateur :
« Edouard, mon pote de droite, aux antipodes des habituelles hagiographies consacrées à ceux qui sont parvenus au sommet, est aussi une conversation entre deux amis aux convictions opposées sur le désir et l’essence du pouvoir. Premier volet d’un projet au long-cours qui, en suivant la carrière « in progress » d’un futur fonctionnaire de la politique, documente la fabrique des élites françaises, cette comédie révèle la petite cuisine composant l’ordinaire d’un métier, plus que la vision du monde censée l’animer. Avec un montage subtil et critique qui vient troubler par le hors-champ le jeu du héros, le cinéaste opère, mine de rien, la désacralisation salutaire d’un domaine encore trop souvent façonné par des représentations totémiques d’un autre âge. »
Emmanuel Chicon
Visions du réel

Pour les Avants-premières, quelques articles lors de ses avants premières, une interview de Laurent dans Normandie 76, une autre dans PARIS NORMANDIE. un article sur le site Tendance Ouest parlant du film et de la sortie du film au Havre, un sujet sur le film dans l’édition « Baie de Seine » des informations sur France 3 Normandie.

Puis a sa diffusion sur France 3 en Aout 2016, la presse remarque le film et souligne la pertinence du point de vue, avec par exemple « Edouard ou les coulisses du pouvoir » un article d’Alain Constant dans Le Monde, un article de Lionel Venturini « La Politique au prisme de l’ambition » dans L’Humanité, un tir groupé plutôt élogieux de François Ekchajzer (« Comment devient t’on clone de Juppé ? ») et Olivier Milot dans Telerama, mais aussi Le Journal du Dimanche, l’Express, Le Figaro et un bon Billet du Canard Enchainé, etc… on vous met le pdf avec tous les articles...

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Le Blog Documentaire a consacré un joli article au film lors de sa diffusion sur France 3 en Aout 2016

Sa diffusion du 10 août dernier, en deuxième partie de soirée dans la case « Docs interdits », a rassemblé 143.000 téléspectateurs. La rediffusion nocturne du 23 août, à 1h10, avait elle rassemblé 59.000 noctambules.

La nomination surprise par Macron de Edouard Philippe comme premier ministre, donne un incroyable écho au film qui apparait comme le seul documentaire sur Edouard. La VoD s’envole (Tenk et Univers Ciné s’en emparent en 24h), des dizaines de médias s’intéressent à l’avis de Laurent, nous demandent des extraits (tous refusés) et l’invitent au micro ou en plateau. Au matin du 16 Mai, lendemain de la nomination, la presse décortique le film et s’interroge sur Edouard Philippe, partout le film-annonce circule, et la diffusion du film sur France 3 rassemble 475 000 spectateurs et la Suisse Romande lui fait l’honneur d’un Prime Time sur la RTS2 !

Note d’intention

Flash-back : le lundi 18 octobre 2010, Antoine Rufenacht, 71 ans, maire de la grande ville portuaire du Havre depuis 1995, réélu en 2008, annonce sa démission et demande au conseil municipal de désigner à sa place son jeune adjoint à l’urbanisme, 40 ans dans quelques jours, Edouard Philippe.

C’est une surprise pour tout le monde sauf pour les principaux intéressés et leur proche entourage. Et sauf pour moi. La veille, dans une maison de campagne, j’avais filmé Edouard Philippe, entouré d’une dizaine de conseillers parisiens et havrais, mettant en place, déjà, sa stratégie de maire pour les mois suivants. Avec une question au cœur de leur réflexion : comment se faire très vite connaître pour avoir une chance, en 2014, de garder la ville à droite.

Car Le Havre est une anomalie politique : c’est une grande ville de gauche avec un maire de droite. Aux élections nationales, les candidats de gauche y obtiennent généralement entre 55 et 60% des voix. François Hollande y a remporté 58,63% des suffrages en mai 2012, et Ségolène Royal y avait devancé Nicolas Sarkozy en 2007. Jusqu’en 1995, la ville était un fief du PC et il avait fallu des circonstances exceptionnelles – une usure de l’équipe au pouvoir, un contexte national favorable, et surtout, l’aboutissement de plus de 20 années d’opposition locale – pour qu’Antoine Rufenacht ne l’emporte. Une fois en place, sa forte notoriété, son habilité, son apparente bonhomie, et le légitimisme traditionnel des électeurs (sans oublier les divisions chroniques de la gauche, le PS grignotant peu à peu le PC) lui avaient permis de se faire réélire en 2001 et 2008. Mais comment transmettre ce très fragile flambeau ?

Démissionner en plein mandat, désigner un successeur : cette technique a souvent servi au Parti Communiste, avec, d’ailleurs, plus ou moins de succès. A droite, c’est inédit. Est-ce que ça va marcher ? Est-ce que l’on peut ainsi transmettre une ville comme on transmet un héritage ? Est-ce que les électeurs havrais, majoritairement à gauche, vont élire à nouveau un maire UMP ?

C’est l’enjeu, qui va, pour Edouard Philippe, au-delà de la question d’avoir réussi, ou pas, à « garder » la ville à droite. Pour lui, c’est un enjeu personnel.

Cette campagne, c’est un peu la mère de toutes ses batailles à venir.

Car l’homme est ambitieux, très ambitieux, et il s’en cache de moins en moins. Moins connu aujourd’hui que les quadras de l’UMP comme Le Maire, NKM, Wauquiez ou Baroin, il a bien l’intention de rejoindre cette cohorte des futurs ministrables et, même, présidentiables.
Bien que jeune, il fait de la politique à l’ancienne : se constituer un fief électoral, gagner une bataille difficile, voilà ce qui vous donne la légitimité nécessaire pour aller jouer dans la cour des grands.

Cet enjeu-là est un enjeu caché. Dans ce film, il ne fera qu’affleurer. C’est l’objet d’un travail au très long court, « Edouard, mon pote de droite » (voir plus bas)

Mais avant tout cela, il ne lui faut pas, surtout pas, perdre cette élection municipale de 2014.

Edouard Philippe va donc mener campagne, faire des choix : donner des gages à la gauche ou, au contraire, mobiliser son camp en clivant les oppositions ? Quelles stratégies adopter dans une situation aussi particulière ? Quelle attitude face au Front National, dont le score est peut-être la clé de l’élection ? Doit-il cultiver son image de jeune homme brillant et ambitieux en route vers une grande carrière parisienne, ou en rajouter sur ses origines locales et son attachement indéfectible à la ville ? Va-t-il devoir durcir son attitude, donner des gages de sérieux, lui qui n’hésite pas à manier l’humour et l’ironie, au point d’en apparaître souvent arrogant et un poil dilettante ?

Pour répondre à ses questions, il s’agira de filmer, pendant plusieurs semaines, dans les coulisses, au plus près de sa stratégie, au milieu de ses conseillers. C’est donc un film en immersion et en action.

Mais il s’agira aussi de s’arrêter. De profiter de moments d’intimité pour comprendre, ensemble, ce qui est en jeu, ce que signifie la mise en place d’une telle machine à prendre le pouvoir, et pourquoi.

Cet accès privilégié, au cœur de la machine, est possible, car je le connais bien.

J’ai rencontré Edouard Philippe en 1988

Je le filme depuis 2004

Note du réalisateur Juillet 2014

En relisant le dossier de présentation du film, tel que je l’avais écrit à l’automne 2013, je suis bien obligé de le reconnaître : je ferais un piètre pronostiqueur politique. « A six mois du scrutin, la situation ne se présente pas trop mal pour lui », disais-je alors. Mais de là à imaginer l’inimaginable : le 23 mars dernier, Edouard Philippe, un homme de droite, a été élu maire du Havre, une ville de gauche, dès le premier tour, avec 52% des voix ! J’étais là, bien sûr, j’ai observé son visage, je n’ai pas loupé une seconde de sa propre incrédulité. A ce moment-là, pourtant, je savais que ça pouvait arriver, il me l’avait expliqué : « je fais une campagne pour être élu au 1er tour ». Mais il ajoutait aussitôt : « … mais au Havre, ce n’est pas possible »….

Si je ne pouvais pas, 6 mois avant, anticiper ce scénario, je pouvais par contre espérer être plus qu’aux premières loges : dans l’intimité d’un homme, d’un pote, en marche vers le pouvoir. De ce côté là, tout ce qui s’est passé durant cette campagne a été au delà de ce que je pouvais imaginer. J’ai été un spectateur plus que privilégié, j’ai été un témoin de chaque instant, un confident, un partenaire quand il s’agissait pour lui de m’expliquer (et donc de s’expliquer) telle ou telle décision, telle ou telle stratégie. Et même, parfois, un acteur, volontaire, amusé, en pensant à un Avi Mograbi se mettant en scène dans son extraordinaire film « Comment j’ai appris à surmonter ma peur et à aimer Ariel Sharon ».

Dans mon texte, j’utilise, pour le décrire, le mot « arrogance » - et il en faut aussi un peu, en plus de la confiance et de la distance sur soi-même, pour accepter ainsi la présence d’une caméra. Il me faut peut-être, à ce stade, prendre ce terme aussi pour moi : j’ai l’arrogance de penser que le travail que je suis en train de faire sur la carrière d’Edouard sera proprement inoui, jamais vu, exceptionnel, et qu’il fera date dans l’histoire du documentaire politique. Dès ce premier épisode, j’en ai déjà tous les éléments, ou presque.

Presque, parce qu’il me faut encore tourner : cette ville, tellement cinématographique, pour nourrir le portrait d’Edouard en contrechamps. Une séquence, essentielle, d’Edouard s’entraînant à la boxe. Et du son, des sons, par tous les temps, à toutes les heures, dans toutes les situations, dans cette ville non seulement visuelle mais sonore – j’ai encore la chair de poule d’avoir entendu la corne d’un paquebot quittant le port. Il me faut aussi créer, à partir d’animations, de tournages, d’archives de mes premières images avec lui, cette première séquence qui donnera l’identité de la série à venir. Et qu’il me faut aussi le temps du montage, bien au délà des standards télévisuels, pour trouver dans ces dizaines d’heures de rushes ce que je cherche : l’essence du pouvoir.

Pour toutes ces raisons, votre soutien nous serait indispensable. Grâce à lui, cet « épisode 1 » prendra l’ampleur nécessaire et ouvrira la voie à l’épisode 2, que j’ai déjà commencé et qui, sur les pas d’Edouard, dont le poids politique national s’affirme de jour en jour, et dont le rôle auprès d’Alain Juppé n’est désormais plus un secret pour personne, plongera au cœur de sa prochaine bataille : celle de la primaire à droite en 2016, en vue de la présidentielle de 2017.

Laurent Cibien

Un article lors de la sortie au havre

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